Le vélo couché 

  des origines à aujourd'hui  












 Les origines 






 
Au même titre que de nombreuses inventions, l'origine du vélo couché est controversée. C'est à partir de 1893 que l'on en trouve trace et ce dans plusieurs pays. Génération spontanée ? Il faudra néanmoins patienter jusqu'au début des années 30 pour le voir vraiment sortir de l'anonymat grâce aux premiers exploits sportifs.




 Le couple Mochet - Faure 






 
Pour se faire connaître ou reconnaître, rien de tel que la compétition. Ce thème est indiscutablement à mettre au crédit des français Charles et Georges Mochet et du coureur cycliste  Francis  Faure,  " le pilote d'essai maison ". Les Mochet père et fils étaient les
constructeurs du vélocar, une voiturette biplace à pédales carénée qui constituait une alternative économique aux voitures à moteur thermique et qui fut produite entre 1920 et 1950. Pour diversifier leurs activités, après un tentative avortée en tricycle, ils décidèrent de produire un deux roues qui  reprendra l'ergonomie de la voiturette. Ils donnèrent ainsi naissance au premier vélo couché dont les performances dépassaient celles des vélos traditionnels. Après des premiers essais prometteurs, le 7 Juillet 1933, Francis Faure établit un nouveau record mondial de l'heure soit 45,055 km.

 


 La traversée du désert 






 
Cette performance va amener l'UCI à se pencher sur l'homologation de ce record. Par conservatisme ou par idéologie, en privilégiant l'homme par rapport à la machine, ce record va être classé dans la catégorie vélos spéciaux au même titre que celui de Chris Boardman en 1996, lui aussi relégué, mais à posteriori dans cette rubrique. Dès 1934, dommage collatéral du vélo couché ou pas, l'UCI va édicter des règles strictes qui vont figer l'évolution du vélo en imposant une géométrie encore d'actualité aujourd'hui. Ce qui va sonner le glas de l'essor commercial et sportif du vélo couché.

 


 La renaissance 





1992 : Le Cheetah de l'université de Berkeley atteint 110,58 km/h
 
 
La résurrection du vélo couché s'opère aux Etats Unis dans les années 1970 sous l'impulsion de l'IHPVA (Internationnal Human Powered Vehicle Association) qui regroupe tous les engins mus par la seule force humaine et des universités américaines alors en compétition. A la recherche de la meilleure efficacité, elles vont (re) découvrir les avantages de la position couchée et s'engager dans une course aux records de vitesse qui va indirectement relancer l'intérêt porté au vélo couché. En Europe, le renouveau nous viendra du nord et en particulier des Pays-Bas avec l'apparition, à partir de 1983,  des premiers constructeurs tels Flévobike, M5, Challenge ou Optima.


 
 
 Une cohabitation parfois difficile 
 

 


 
A la fin des années 1980, on compte seulement une poignée de pratiquants en France. Dans le milieu conservateur du cyclisme sur route, il faudra passer outre certains qualificatifs : handicapé, fainéant, ne t'endors pas ! (pour les plus agréables...) Une fois passée cette période "faste", de par son développement, le vélo couché va peu à peu être accepté, avec même un certain capital sympathie, tant qu'il ne bouscule pas l'ordre établit. Mais le matériel évolue, les sportifs remplacent les précurseurs et les performances font un bond en avant. Après la moisson de victoires acquises dans les cyclosportives nationales au cours de l'année 2010, le vélo couché ne fait plus rire et les portes se sont un moment refermées. Mais les temps changent et la discipline, reconnue par la FFC depuis quelques années va revenir officiellement sur certaines cyclosportives, sous la forme d'un trophée national. Le départ sera commun mais le classement indépendant des vélos traditionnels, ce qui semble plus équitable pour tout le monde.




 Le vélo couché aujourd'hui 






 
Aujourd'hui le vélo couché compte plus d'un millier de pratiquants en France mais reste encore une discipline confidentielle.  Il est bien représenté dans le milieu cyclotouriste, comme à l'US Rehon Cyclo, cyclosportif et intégré à FFC, qui gratifie chaque année ses champions de France sur route et sur piste. De nombreuses épreuves spécifiques au niveau national, européen ou mondial regroupent chaque année les amateurs.
Les machines sont maintenant techniquement abouties mais, contrairement au vélo traditionnel, d'une diversité remarquable. Nombre et diamètre des roues, type de transmission, guidon, position du cycliste, carénage .... les variantes techniques sont nombreuses. Une offre pléthorique, parfois déroutante mais apte à satisfaire tous les types de pratiques.







 Les records 






 
Bien qu'elle soit marginale, difficile d'occulter la rubrique records lorsque l'on traite de vélo couché. Une frénésie de records qui trouve sa source au début des années 1970 aux Etats Unis et longtemps motivée par une prime rondelette, le deciMach prize, qui a stimulé les neurones. Entre temps, des équipes européennes sont aussi entrées, avec succès, dans la course. Actuellement, les vélos couchés carénés sont les plus rapides engins terrestres mus par la seule force humaine. Parmis les performances les plus représentatives on notera le 200m lancé à près de 134 km/h par le néerlandais Sébastiann Bowier (Velox3) et les 91,595 km parcourus dans l'heure par le suisse Francesco Russo (Eiviestretto).





 



 
 
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